Dans quel état j’erre? Dans quel état je gère!

Depuis trois ans, je recherche toutes les causes possibles pouvant expliquer mon état dépressif. TROIS ANS! ♫ Et un…, et deux…, et trois…, zéro!♫ Zéro quoi?

Zéro résultat.

Depuis mes 25 ans, je n’existe plus. Je me suis perdue. Je me suis oubliée. Je ne crois plus en moi. Je cumule les échecs professionnels. Mon auto-entrepreneuriat devient une catastrophe. Je perds mon enfant: la mascotte de mon projet. Mon entourage ne sait plus quoi faire pour me remonter le moral. J’ai perdu la notion du temps. Je n’ai plus d’argent. Je suis dépendante. Je deviens femme au foyer sans enfants. Je deviens grosse. Je n’ai plus confiance en moi. Je suis inintéressante. La télé est mon meilleur effet placebo. Je joue à l’ordinateur pour me libérer l’esprit. Je cache le miroir pour me doucher. Je suis Jean qui rit, Jean qui pleure. Ou plutôt…Je suis la vache qui rit, la vache qui pleure. Je déteste le shopping. Je n’apprécie pas les nouvelles personnes que je rencontre. Je me force à regarder mes interlocuteurs dans les yeux pour être polie. Je reste des semaines entières dans mon appartement sans mettre le nez dehors. Je me force à sortir. Je régresse dans la maitrise de ma langue étrangère préférée, je fais des fautes à chaque phrase. Je ne finis pas mes phrases. Je pleure le jour de Noël, je pleure au Noël suivant. Je m’ennuie au jour de l’an, je pleure au suivant. J’ai honte de moi. Je ne me comprends plus. Je ne me reconnais plus.  Je vérifie en bas à droite de mon écran pour connaître le jour de la semaine. Je dois calculer mon année de naissance quand on me demande mon âge. Mais je ne suis plus vraiment sûre de l’année. 2010? 2011? Je n’ai plus de concentration. J’oublie systématiquement mon caddy à l’entrée du magasin. Je recherche un nouveau travail. Je reprends espoir. Et je rechute. Jugée trop égoïste selon moi, j’abandonne l’idée du suicide. Je me motive à nouveau. Je tente les biens faits du sport. Je vais mieux. Je parcours 80 km en une journée dans les sillons ma région vallonnée. Mes genoux ne supportent pas le poids de ma dépression et chaque pas revient à piétiner le sol de l’enfer. Je perds les pédales. J’arrête le vélo. J’attaque la natation. Je replonge au fond de mon trou rempli d’eau. Je nage dans le doute, je nage dans la mauvaise conscience. Je suis en apnée. Je trouve un tuba: mon entourage. Je découvre un gilet de sauvetage: mon dossier « photos »; des milliers de preuves que ma vie fut belle un jour. Alors je tiens bon. Je sais qu’un jour j’irai mieux. Ce n’est pas possible autrement. Pas moi! Pas une fille comme moi! Je suis bien trop intelligente pour ne pas m’en sortir toute seule. C’est une erreur. Je le sais. Mais je ne fais pas les démarches d’aller consulter un psychologue. Je ne peux pas financer moi-même la thérapie d’une part, et d’autre part je pense que je peux comprendre seule un jour. Savoir ce qu’il se passe. Je sais qu’il suffit d’un déclic, et L sera de retour dans la vraie vie! J’ai constamment le même discours:

« Si j’étais ma propre meilleure amie, je saurais me trouver tous les conseils. Si mon bonheur était un cocktail, je connais une recette excellente -à vous faire tomber par terre! Je sais comment verser chaque ingrédient dans le bon ordre et au centilitre près. Rehaussez-moi d’une lichette de confiance et d’une goutte de courage et je saurai comment œuvrer de mon talent pour réaliser le meilleur des « Sex-on-the-beach ». Je détiens le secret, mais je n’ai pas assez de jus pour activer le mixer et retrouver ce délicieux goût de la vie. Dès que le courant repassera, alors je prendrai un plaisir fou à décorer mon cocktail à l’aide d’un petit parapluie, d’une paille, et d’une tranche d’ananas. Trop classique? Peut-être. Mais pour l’instant, je me contente de cette image. Quand j’aurai récolté le fruit de mon imagination retrouvée, j’ajouterai surement une touche de créativité accompagnée d’un soupçon de fierté. »

J’ai du potentiel. Je suis créative. J’ai du talent.  Je suis appréciée. Je suis enviée. Je suis drôle. Je suis grande, blonde à forte poitrine. Je sais séduire. J’ai du charisme. Je suis diplômée. Je suis trilingue. Je suis intelligente. Mais je suis ceux que je suis.

Le pépin: c’est la pomme empoisonnée.

Le mouton de Panurge à l’école buissonnière, par L :

école buissonière

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2 commentaires pour Dans quel état j’erre? Dans quel état je gère!

  1. edwardonbebop dit :

    Hmm. J’ai très vite abandonné l’idée d’essayer de trouver les explications quant à mon état tout seul.
    Ca aide beaucoup quand même de formaliser ses idées à l’oral aussi.
    Moi ce qui m’aide le plus c’est que quelqu’un me contredise. Ca m’oblige à justifier, argumenter, reconnaître que peut-être j’avais tort.

    C’est un très bon post.

    • 1001lollipops dit :

      Oui, se remettre en question est parfois très judicieux et certains ne le font pas suffisamment. En revanche, se poser trop de questions peut parfois mener à une spirale infernale t’enfermant dans tes propres pensées et ton auto-analyse sans forcément résoudre le(s) problème(s) d’origine. Bon courage dans ta quête du bonheur…
      Lollie

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